7 expositions gratuites à Paris à découvrir cet été dans les galeries d'art

Marie Maertens, Timothée Chaillou, Valérie de Maulmain, Connaissance des Arts, 2026年7月7日

7 expositions gratuites à Paris à découvrir cet été dans les galeries d’art

Vue de l'exposition "Alioune Diagne, Saytu" présentée à la galerie Templon à Paris, jusqu’au 18 juillet. Photo : © Laurent Edeline

 

Cet été, les galeries parisiennes offrent une constellation d'expositions gratuites à ne manquer sous aucun prétexte : portrait, abstraction, rituels africains ou forêts enchantées, il y en a pour tous les regards.

 

1. Olle Baertling, la couleur en tension

En écho de l’exposition "Formes ouvertes" de l’Institut suédois, la galerie Lahumière fait un focus sur l’artiste Olle Baertling, né en 1911 et décédé en 1981 à Stockholm. À ses côtés sont exposés d’autres représentants de l’abstraction géométrique comme Charles Bézie, Jean-François Dubreuil, Günter Fruhtrunk ou Auguste Herbin, tous ayant travaillé sur l’énergie de surfaces colorées qui créent mouvement et volume au sein des toiles (de 1400 € à 320 000 €).

 

"Tension et couleur autour d’Olle Baertling", galerie Lahumière, 70, rue des Tournelles, 75003 Paris, jusqu’au 11 juillet

 

Olle Baertling, Geram, 1963, huile sur toile, 89 x 130 cm ©Galerie Lahumière, Paris.

Olle Baertling, Geram, 1963, huile sur toile, 89 x 130 cm © Galerie Lahumière, Paris.

 

2. 40 ans de création chez Berthet-Aittouarès

L’anniversaire d’une galerie est l’occasion de plonger dans les archives, revoir les artistes qui ont exposé, et convier des critiques à accompagner cette réflexion. L’historien de l’art Pierre Wat inaugure cette relecture qui se développera durant deux ans, mettant en avant l’abstraction qu’il connaît bien, notamment de Pierre Tal Coat ou de Hans Hartung, ou ceux travaillant sur la ligne et l’écriture (avec une quarantaine de pièces de 1500 € à 250 000 €). Lorsque Michèle Aittouarès a ouvert son enseigne en 1986, le marché était fort actif, mais il a vite été atteint par la guerre du Golfe. Elle s’est alors interrogée sur le sens de l’art et de sa recherche personnelle. Examiner l’ensemble de ce parcours lui a donné l’envie, avec sa fille Odile qui l’a rejointe il y a vingt-cinq ans, de remontrer André Marfaing ou Vera Molnár, et d’exposer à nouveau la jeune génération, celle de Yann Bagot ou de Sophia Fassi. Parmi les pépites, elles ont retrouvé un livre-objet du poète surréaliste Jindřich Heisler, aujourd’hui demandé en prêt par plusieurs institutions.

 

"Carte blanche à Pierre Wat", galerie Berthet-Aittouarès, 14-29, rue de Seine, 75006 Paris, jusqu’au 18 juillet

 

Pierre Tal Coat, Le Rocher vert, 1950, huile sur toile, 78 x 78 cm, courtesy de la galerie Berthet-Aittouarès, Paris.

Pierre Tal Coat, Le Rocher vert, 1950, huile sur toile, 78 x 78 cm, courtesy de la galerie Berthet-Aittouarès, Paris.

 

3. Vingt ans d’amitié avec Jérôme Lagarrigue

À l’approche des 20 ans de la galerie en novembre prochain, Olivier Waltman a souhaité inviter Jérôme Lagarrigue, avec lequel il inaugura son premier espace de Saint-Germain. Les peintures de l’artiste franco-américain, passé par la Villa Médicis, se déploient entre portraits de famille, d’inconnus rencontrés lors de séjours dans les Caraïbes et représentations imaginaires de prisonniers afro-américains du début du XXe siècle (à partir de 3600 €).

 

"Jérôme Lagarrigue. Au fil du temps", galerie Olivier Waltman, 16, rue du Perche, 75003 Paris, jusqu’au 18 juillet

 

Jérôme Lagarrigue, The Fisherman, 2026, huile sur toile, 100 x 81 cm, galerie Olivier Waltman, Paris.

Jérôme Lagarrigue, The Fisherman, 2026, huile sur toile, 100 x 81 cm, galerie Olivier Waltman, Paris.

 

4. Les rituels d’Alioune Diagne

Pour son nouveau solo show à la galerie Templon, Alioune Diagne revient avec une série inédite de 22 toiles et une grande installation (de 34 000 € à 85 000 €). Poursuivant un travail d’enquête dans son pays d’origine, le peintre, né en 1985 au Sénégal, a observé et documenté des rituels et traditions ancestrales de diverses communautés. Un travail passé ensuite au crible d’un langage plastique singulier, tel un pointillisme contemporain de modules, qu’il nomme les "signes inconscients".

 

"Alioune Diagne, Saytu", galerie Templon, 28, rue du Grenier-Saint-Lazare, 75003 Paris, jusqu’au 18 juillet

 

Alioune Diagne, La Première Ligne, 2025, acrylique sur toile,156 x 216 cm, courtesy De L'artiste Et Templon, Paris/ Bruxelles/New York. ©Laurent Edel

Alioune Diagne, La Première Ligne, 2025, acrylique sur toile,156 x 216 cm, courtesy De L’artiste Et Templon, Paris/ Bruxelles/New York. ©Laurent Edel

 

5. Sous la surface, le trouble

Pour son grand retour en France et sa première exposition chez David Zwirner à Paris, Michaël Borremans (né en Belgique en 1963) livre une série de toiles qui interrogent, sous couvert d’une sérénité formelle impeccable, les ambiguïtés profondes de notre monde. Le tableau French Painting (2026) donne le ton et le titre à son exposition. Un jeune homme assis de trois-quarts, regard flottant, porte un haut rembourré couleur chair simulant un torse musclé. Une guitare repose sur ses cuisses, effleurée sans être jouée. Le décor jaune terre convoque Manet sans le citer : force feinte et vulnérabilité se lient en silence. Happiness (2026) condense cette tension en une seule image : un explosif gainé de tissu matelassé rose brillant, où tendresse et péril coexistent. Magnolia Flowers in a Green Vase (2026) suspend le temps sur des fleurs à demi écloses dont les pétales gisent déjà sur le plateau, tandis que Nina (2026) fait d’un portrait une étude psychologique dépouillée, d’une femme absorbée par quelque chose qu’on ne voit pas. De tableau en tableau, Borremans confirme qu’il est l’un des rares peintres contemporains capables de rendre l’inquiétude visible sans jamais hausser le ton.

 

"Michaël Borremans, French Painting", galerie David Zwirner, 108, rue Vieille-du-Temple, 75003 Paris, jusqu’au 22 juillet

 

Michaël Borremans, Nina, 2026, huile sur lin, 52,5 x 38 cm, courtesy de l’artiste et de David Zwirner. ©Michaël Borremans/ Cédric Verhelst.

Michaël Borremans, Nina, 2026, huile sur lin, 52,5 x 38 cm, courtesy de l’artiste et de David Zwirner. ©Michaël Borremans/ Cédric Verhelst.

 

6. Le monde enchanté d’Hubert Le Gall

La forêt bruisse de présences poétiques et mystérieuses avec Hubert Le Gall, dont l’univers hybride entre design et art offre la vision de créatures animales insolites. Pour la première fois, la galerie Cuturi, basée à Singapour, consacre à Hubert Le Gall une exposition monographique à Paris, puis à la Villa Noël à Noves. Orchestré avec la complicité de l’historien de l’art Bruno Gaudichon, l’ensemble associe mobilier et sculpture, ainsi que deux tirages issus de livres d’art, dans la fourchette de prix de 2500 € à 240 000 €. Le titre, issu des Contemplations de Victor Hugo, évoque une sorte de communion panthéiste avec l’esprit de la forêt qui se laisse habiter par d’étonnantes figures, comme les boucs de la console Milos ou les biches du cabinet Aurore, les grues du cabinet Osaka ou le chandelier au loup.

 

"Hubert Le Gall. Arbres de la forêt, vous connaissez notre âme", Cuturi Gallery, 24, galerie de Montpensier, 75001 Paris, jusqu’au 26 septembre, et Villa Noël, Domaine de Bournissac, 13550 Noves, jusqu’au 1er août (sur réservation paris@cuturigallery.com)

 

Hubert Le Gall, cabinet Osaka, 2026, bronze, marbre, bois laqué, 133 x 120 x 58 cm ©Hubert Le Gall.

Hubert Le Gall, cabinet Osaka, 2026, bronze, marbre, bois laqué, 133 x 120 x 58 cm ©Hubert Le Gall.

 

7. Luca Ceccherini, jongleur et peintre

Jeune artiste, Luca Ceccherini (né en 1993) explore le monde du théâtre avant de se former aux beaux-arts, à Florence et Venise. L’imbrication de l’univers théâtral dans la peinture devient alors la signature de cet artiste au regard énigmatique. Cette première exposition personnelle en France réunit des œuvres inédites (de 2000 € à 13 000 €) inspirées des giullari (jongleurs-bouffons) et de la commedia dell’arte à l’origine du grammelot, langage scénique théorisé par Dario Fo, homme de théâtre et prix Nobel de Littérature.

 

"Luca Ceccherini, Grammelot", galerie Dina Vierny, 53, rue de Seine, 75006 Paris, jusqu’au 1er août

 

 Luca Ceccherini, Offerta Libera, 2026, technique mixte sur toile, 90 x 80 cm, galerie Dina Vierny, Paris.

Luca Ceccherini, Offerta Libera, 2026, technique mixte sur toile, 90 x 80 cm, galerie Dina Vierny, Paris.

 

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