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Tapisserie de laine et soie, structure de métal, miroir et verres – Pièce unique – 213 x 177 x 12 cm – Crédits photos ©Studio Vanssay
Le titre "Arbres de la forêt, vous connaissez notre âme" emprunte à Victor Hugo une résonance presque chamanique. Mais ici, l’âme ne relève plus uniquement de l’intime humain. Elle circule entre les règnes. Entre la matière et le vivant. Entre l’objet et la mémoire. Hubert Le Gall orchestre ainsi une conversation sensible entre l’homme, l’animal et la nature, sans jamais sombrer dans le manifeste écologique attendu. Tout procède plutôt par suggestion, par décalage poétique, par glissements successifs vers l’étrange.
Dans cette géographie imaginaire, chaque pièce agit comme un fragment de récit. La console Milos, portée par des boucs sculptés, convoque une Antiquité rugueuse, archaïque, presque tellurique. Ailleurs, les silhouettes animales deviennent des passeurs silencieux entre les mondes : un bestiaire familier et pourtant irréel, qui accompagne le visiteur au fil de cette traversée sensorielle.
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Console Milos, 2026
Bronze patiné et marbre – Pièce unique (série de 8) – 81 x 160 x 50 cm – Crédits photos ©Studio Vanssay
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L’une des forces d’Hubert Le Gall réside précisément dans cette capacité à faire vaciller la fonction sans jamais l’abolir. Ses meubles vivent pleinement comme des objets d’usage, mais semblent toujours sur le point d’échapper au réel. Une lampe peut prendre l’allure d’un chien rêveur. Une coiffeuse se métamorphoser en mouton. Un fauteuil se doter d’oreilles de lapin. Derrière l’humour, omniprésent mais jamais anecdotique, surgit une réflexion plus subtile sur notre rapport domestique aux formes et aux souvenirs.
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Bronze patiné et miroir – Édition de 8 – 135 x 147 cm
Les derniers jours de l’humanité, 2026
Impression sur papier d’après le collage réalisé pour l’ouvrage Les derniers jours de l’humanité de Sénèque – Édition de 3 – 142 x 88 cm – Crédits photos ©Studio Vanssay
Dans son atelier de Montmartre, que certains décrivent comme une version surréaliste d’Alice au pays des merveilles, Hubert Le Gall façonne depuis des années un langage singulier à la croisée de la sculpture et du design. Autodidacte, nourri autant par Salvador Dalí que par Jean Cocteau, Max Ernst ou les surréalistes, il s’est imposé comme une figure à part dans le paysage international du design contemporain. Ses créations, réalisées en bronze, verre ou bois précieux, cultivent une liberté de ton devenue rare : proportions volontairement exagérées, formes ludiques, détournements poétiques, enfance persistante.
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Bronze patiné doré – Pièce unique – 62 x 65 x 58 cm
Chandelier Arbre de la forêt, 2025
Bronze patiné, poli et verre – Édition de 8 – 100 x 60 x 40 cm – Crédits photos ©Studio Vanssay
Cette écriture plastique lui a valu d’intégrer les collections permanentes de plusieurs institutions majeures, du Musée des beaux-arts de Montréal au Château Borély, en passant par le Musée La Piscine ou le Musée Mandet. Nommé Chevalier des Arts et des Lettres en 2009, il mène parallèlement depuis plus de vingt ans une carrière de scénographe auprès des plus grands musées européens. Du Grand Palais au musée d’Orsay, du Museo di Capodimonte au Musée Maillol, ses expositions ont profondément contribué à transformer la narration muséale contemporaine, introduisant cette dimension immersive et émotionnelle aujourd’hui devenue essentielle.
Le monde du luxe ne s’y est pas trompé. Hermès lui confie en 2015 la direction artistique de l’exposition itinérante Wanderland, présentée de Londres à Séoul. Ruinart l’invite à imaginer ses délicates sculptures de verre. Plus récemment, la Villa Kérylos accueillait son dialogue fantasmé avec la mythologie grecque à travers l’exposition A Greek Fantasy.
Chez Cuturi Gallery, cette trajectoire trouve aujourd’hui un écrin particulièrement juste. Rien de démonstratif dans l’accrochage. La scénographie préfère l’immersion lente à l’effet spectaculaire. Les matières absorbent la lumière, les œuvres surgissent comme des apparitions, les perspectives se découvrent progressivement. Le visiteur avance dans l’exposition comme dans un récit initiatique, guidé par une sensation diffuse plutôt que par une lecture frontale.
Cuturi Gallery Paris
Palais-Royal, 24 Galerie de Montpensier 75001 Paris
Crédits photos ©Studio Vanssay











